L’alerte sur les parabènes – fait ou fiction?

Picture of a confused woman

Il y a eu récemment beaucoup de spéculation futile dans les médias concernant le lien potentiel entre l’utilisation de déodorant et le cancer du sein. Les études basées sur des recherches en laboratoire ont donné lieu à des conclusions contradictoires et peu convaincantes. La preuve d’une association n’a pas été établie. Dr Mah Hussain-Gambles, fondatrice de Saaf Pure Skincare, pense que davantage de recherche doit être garantie avant de pouvoir énoncer une affirmation crédible.

Les parabènes sont généralement utilisés comme conservateurs dans les produits cosmétiques à base d’eau en raison du fait qu’ils font partie des conservateurs les plus modérés disponibles. Dr Mah a mené une recherche approfondie quant à l’utilisation des parabènes dans les produits cosmétiques et sa relation éventuelle au cancer et demande d’entreprendre davantage d’essais cliniques pour évaluer de manière spécifique si l’utilisation de déodorants ou d’anti-transpirants peut causer l’accumulation de parabènes dans le tissu cellulaire du sein et donc si ces produits chimiques peuvent contribuer au développement du cancer du sein avant que des tactiques d’alerte non fondées ne soient rapportées dans la presse.

L’intérêt de l’alerte sur les parabènes de la part de Dr Mah est particulièrement pertinente puisque sa mère a récemment subi une opération pour le retrait de kystes précancéreux sur sa peau, que sa tante a été opérée pour une ablation de l’estomac en raison d’un cancer de l’estomac, qu’une autre de ses tantes a subi une mastectomie en raison d’un cancer du sein et que son oncle est mort d’un cancer des os sans compter que sa belle-mère a aussi eu un cancer du sein. En conséquence, Dr Mah est réellement concernée par le cancer ce qui a donné lieu à une recherche approfondie en matière de soins de beauté sûrs. Les produits de Saaf Pure Skincare ne contiennent pas d’agents chimiques liés au cancer et englobent même des ingrédients reconnus scientifiquement pour leurs propriétés anticancéreuses pour augmenter leurs valeurs thérapeutiques (veuillez noter qu’en raison des exigences des consommateurs, aucun de nos produits ne contient de parabènes).

 

Contexte

Un article ouvrant un débat scientifique et public a été publié en 2004 par Darbre [1], révélant une présence de parabènes dans des échantillons de tumeurs cancéreuses du sein. Cette étude a examiné 20 tumeurs du sein différentes pour déterminer la présence de parabènes et a trouvé des traces de parabènes dans les échantillons. Une théorie a été proposée énonçant qu’un lien pourrait exister entre l’inclusion de parabènes dans les produits d’hygiène des aisselles par rapport à ces cancers. L’étude n’a pas permis de conclure que le cancer résultait directement des parabènes. Aucune donnée n’a été recueillie pour déterminer si les patients sur lesquels les tumeurs ont été prélevées, avaient ou non utilisé des produits d’hygiène contenant des parabènes. Les anti-transpirants et déodorants sont généralement anhydres. Sans eau, la plupart des microorganismes ne peuvent survivre et les conservateurs ne sont donc pas nécessaires. Les lotions pour le corps et les écrans solaires, qui contiennent le plus souvent des parabènes, ne sont généralement pas utilisés sur les aisselles. La manière et la raison pour lesquelles les parabènes ont été associés à ces tumeurs doivent encore être établies bien que de nombreuses personnes pensent que leur présence dans les échantillons cellulaires n’a été causée que par la contamination puisqu’ils ont aussi été détectés dans les échantillons de contrôle dont les traces des composés auraient dû être absentes. Pour cette raison ainsi que de nombreuses autres raisons, cette étude a largement été discréditée par de nombreux organismes de recherche sur le cancer et la plupart des membres de la communauté scientifique.

Picture of a roll-on deoderant

L’étude de Darbre a aussi soulevé des inquiétudes suggérant que les parabènes pourraient imiter l’œstrogène, l’hormone humaine qui est susceptible d’augmenter les risques de cancer du sein à des proportions élevées. Mais les recherches en laboratoire ont démontré qu’il faudrait qu’ils soient 500 à 10,000 fois plus puissants pour qu’un tel événement se produise et que même la substance mimétique de l’œstrogène la plus forte, à savoir le paraoxybenzoate de butyle est 100,000 fois plus faible que l’œstrogène.

Dr Mah ajoute que les études en laboratoire des échantillons de tumeurs cancéreuses ont été contredits par une étude scientifique à grande échelle et solide menée sur 1600 femmes en 2002, qui a révélé que les anti-transpirants et les déodorants n’augmentaient pas le risque de cancer du sein [2].

Où cela place-t-il donc le consommateur ? La presse continue de communiquer sur la base de cette étude avec pour effet que les gens se créent une opinion sur des hypothèses et sur de la spéculation plutôt que sur des faits. Le public a été poussé de façon irrévérencieuse à croire qu’il y avait un lien direct entre les parabènes et le cancer du sein ce qui n’est évidemment pas ce que l’étude a démontré. Dr Mah est désireuse d’alléger la crainte du public jusqu’à ce qu’un lien concluant ait été établi.

Elle considère qu’en dehors de la rareté des études examinant l’association entre l’utilisation d’anti-transpirants et l’augmentation du risque de cancer du sein, les preuves accumulées jusqu’à présent n’apportent pas suffisamment d’informations concluantes. Les études précédentes ont toutes montré des restrictions dans la forme et les tests de contrôle utilisés étaient inappropriés. Jusqu’à ce que des études cliniques raisonnables soient menées, complétant la documentation existante de manière significative et décisive, la recherche publiée ne constitue pas suffisamment de preuve permettant de conclure qu’il existe une relation entre l’utilisation d’anti-transpirants et le cancer du sein ou que l’usage des parabènes dans le domaine des cosmétiques expose le public à un plus grand danger de contracter le cancer du sein.

“Les consommateurs sont de plus en plus soucieux des ingrédients à risques utilisés dans les produits pour la peau et les cheveux et recherchent activement des alternatives plus saines. Pour l’instant, nous devrions écouter l’étude du Journal de l’Institut National du Cancer effectuée en 2002 et la considérer comme la seule étude scientifiquement crédible sur le lien entre l’utilisation des anti-transpirants et le risque de cancer du sein’’. Dr Mah Hussain-Gambles

 

1 - Darbre PD. Et al. Concentrations of parabens in human breast tumours. Journal of Applied Toxicology 2004; 24: p5-13.

2 - Mirick DK, Davis S, Thomas DB. Antiperspirant use and the risk of breast cancer.Journal of the National Cancer Institute 2002; 94 (20): 1578-1580.

 

SITES WEB OFFICIELS

Aucune preuve convaincante que les déodorants causent le cancer du sein (en anglais). http://info.cancerresearchuk.org/healthyliving/cancercontroversies/howdoweknow/?a=5441#Deodorants

Aucun lien évident entre les anti-transpirants et le cancer du sein (en anglais) http://www.stopbreastcancer.org//index.php?option=com_content&task=view&id=351&Itemid=170